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Le pH des eaux naturelles, des plus acides aux plus alcalines.

Soirée le 21 jan 2014 de 20h00 à 22h00
Toulouse Salle Sénéchal Toulouse Salle Sénéchal
Christophe Monnin

Directeur de Recherche CNRS à Géosciences Environnement Toulouse

La question de l'acidité des eaux naturelles est directement reliée à celle du cycle hydrologique: l'eau de pluie, qui doit son acidité à la dissolution du gaz carbonique atmosphérique, perd cette acidité lors de la corrosion des roches des continents. Les eaux de ruissellement (rivières et fleuves) et celles de l'océan sont alors proches de la neutralité. Il existe cependant sur terre des environnements particuliers où l'on trouve des valeurs extrêmes de pH: lacs de cratères des volcans pour l'hyperacidité, sources hyperalcalines du plancher océanique pour les valeurs de pH les plus élevées sur terre. Quand la tectonique charrie sur les continents des écailles du plancher océanique (ophiolites), ces roches se retrouvent exposées à l'altération météorique, comme par exemple en Oman et en Nouvelle Calédonie, où l'on trouve à terre de telles sources à pH très élevés. Ces environnements hyperalcalins de basse température sont le lieu d'un grand nombre de phénomènes: production naturelle d'hydrogène et de méthane, développement d'une biosphère spécialisée, formation inorganique de minéraux, mais aussi biominéralisation. On montrera comment l'étude de ces eaux particulières permet d'aborder des questions scientifiques très variées comme la chimie de l'océan, le stockage géologique du CO2, l'émergence de la vie sur Terre, les ressources naturelles énergétiques. Enfin, ce type d'environnement peut être considéré comme un analogue de l'océan primitif sur Terre. L'étude des mécanismes qui y sont mis en jeu permet aussi d'intervenir dans le débat sur l'origine du méthane sur Mars.

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