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Progrès actuels et perspectives dans la connaissance de l’Orénoque

Un des derniers workshops de l’année 2016 de l’Observatoire Midi-Pyrénées a été dédié à l’état de l’art de nos connaissances sur le fleuve Orénoque, l'un des plus puissants fleuves du monde (le troisième après l’Amazone et le Congo en termes de débit). Ce fleuve fait partie du réseau de stations hydrologiques observé par le Service National d’Observation HyBAM (Geodynamical, hydrological and biogeochemical control of erosion/alteration and material transport in the Amazon, Orinoco and Congo basins), en opération depuis 2003 sous la responsabilité du laboratoire Geosciences Environnement Toulouse (GET). Pour mémoire, c’est depuis les années 1990 que le GET mène des études hydro-sédimentaires et géochimiques sur le bassin de l’Orénoque (programme INSU-CNRS Prose 63 - transfert de carbone organique par érosion sur un bassin versant des Andes vénézuéliennes - caractérisation de l'origine, suivi, modélisation et bilan - 1997-1999), puis sur celui du Cuyuni. Depuis 2005, le SNO HyBAM procède à des échantillonnages et des mesures du fleuve Orénoque au pas de temps bi-mensuel.

Carte du bassin de drainage de l'Orénoque avec son réseau de fleuves (données Hydro1k-USGSEtopo30)

Le workshop du 16 décembre 2016 faisait suite à la mission scientifique franco-vénézuélienne sur l’Orénoque de mai 2016 et à un séminaire qui s'était tenu le 16 novembre dernier à la Ciudad Universitaria de Caracas. La dense journée du 16 a permis de regrouper 23 participants de 3 nationalités (Venezuela, Italie, France), issus de 7 laboratoires (CESBIO, COEA, DICEA, ECOLAB, GET, G2E, LEGOS, LTHE) relevant de 10 institutions (CNES, CNRS, CPDI, IGP/Lima, IPGP, INAMEH, IRD, IVIC, OMP, University of Napoli). Après les présentations des infrastructures scientifiques encadrant les études sur l’Orénoque, les exposés ont portés sur le bilan des données collectées au fil des ans et des connaissances acquises, en particulier par deux projets bilatéraux ECOS-NORD/FONACYT entre la France et le Venezuela, tous deux portés par le GET, côté français. Le premier de 2007 à 2011, concernait « Le rôle des plaines d’inondation de l’Orénoque dans le contrôle des processus hydro-sédimentaires : implications dans le fonctionnement et la biodiversité de cet écosystème tropical », et le second de 2014 à 2017 s’étend sur le pourtour du bouclier guyanais :  « TRANS-Orinoco  ou Etudes hydrosédimentaires, morphodynamiques et géochimiques de la frange de développement pétrolier de l’Orénoque : impacts sur la navigation fluviale et comparaison avec les fleuves guyanais (Maroni, Oyapock) ». Les travaux en cours et les premiers résultats de 3 doctorants vénézuéliens et d’une doctorante guyanaise (encadrés par des membres du GET, de l’IPG et de l’Université de Guyane) ont été présentés. Plusieurs exposés de prospectives ont concerné des études en pluviométrie, hydro-sédimentologie, hydraulique, géochimie, paléo-environnement, écologie, océanographie, modélisation, en insistant sur l’intérêt des apports satellitaires, qui peuvent compenser/compléter des données terrain parfois difficiles à collecter dans un bassin si vaste et peu peuplé.

Le groupe des participants

Les scientifiques européens présents ont pu échanger avec leurs homologues vénézuéliens sur la faisabilité de certains projets et sur l’intérêt d’associer les scientifiques colombiens comme ceux du pourtour du bouclier guyanais dans un esprit de partage et de complémentarité, pour mieux comprendre le fonctionnement hydro-pluviométrique comme sédimento-bio-géochimique de l’intégralité du bassin de l’Orénoque qui couvre un million de km2. A cette fin, le SNO HyBAM constitue une colonne vertébrale idéale sur laquelle pourront continuer à s’appuyer les futurs projets collaboratifs binationaux, pluri-institutionnels et pluridisciplinaires, comme un PREFALC tripartite (France-Venezuela-Cuba) porté par le LEGOS (associant entre autre le GET) et qui débutera en 2017 sur les thèmes « Hydrologie, océanographie et Biologie Marine : de la Théorie à la pratique in-situ et en modélisation ». Par son approche intégrée sur le continuum eaux continentales-deltaïques-littorales et marines, ce projet ambitionne de répondre à de nouveaux besoins sociétaux pour étudier et gérer au mieux les stocks de ressources halieutiques et préserver la diversité biologique marine de la Zone Economique Exclusive maritime du Venezuela, qui reçoit des éléments chimiques et biogéochimiques apportés par le fleuve Orénoque. L’expertise de l’IVIC et les collaborations passées permettent d’avoir une vision globale du cycle biogéochimique et de son impact sur les concentrations océaniques. Enfin, en 2017, sera à nouveau déposé un Projet EC2CO « ALBATOR : Altération et cycles Biogéochimiques dans le bAssin versanT de l’Orénoque », porté par l’IPGP (et toujours en association avec le GET). Ces deux projets répondent en partie aux questionnements scientifiques et besoins sociétaux comme aux souhaits en formations doctorales et en Master exprimés par nos collègues du Venezuela.

 

Le programme et la liste des participants sont consultables ICI.

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