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Prévisibilité des cyclones tropicaux dans le Pacifique Sud

L’activité cyclonique produit ponctuellement de grosses pertes sur les biens socioéconomiques (logement, agriculture, infrastructure), des dommages environnementaux (récifs coralliens) et des dommages sur la santé publique (dommages directs, et infections et intoxications succédant aux dégradations environnementales). La prévision des cyclones tropicaux motive ainsi à juste titre une bonne partie de la communauté scientifique. Pourtant, la grande majorité des études de modélisation s’attache à l’amélioration de la prévision évènementielle. Il existe très peu de simulations de longue durée résolvant la mésoéchelle atmosphérique (vortex de 100-200km) qui peuvent fournir une information statistique pertinente pour la prévision saisonnière ou à plus long terme. Un projet ANR (Cyclone&Climate), partenariat entre le LEGOS, le LOCEAN et le CNRM, a été conçu pour répondre à cet objectif dans le Pacifique Sud, et des publications récentes rapportent ses conclusions. L’une d’elle répond plus particulièrement aux questions sur la prévisibilité saisonnière

  Figure 1 : Le Cyclone Erica (catégorie 5) a traversé la Nouvelle-Calédonie le 14 mars 2003, produisant des centaines de blessés (2 morts), des milliers de sinistrés et près de 50 millions d’Euros de dommages. La dégradation environnementale (écosystème corallien notamment) est encore perceptible aujourd’hui.

Dans ce projet, l’expérience des océanographes pour les simulations régionales de longue durée (les échelles de temps de la circulation océanique sont 10 fois supérieures à celles de l’atmosphère) a été mise a profit. L’objectif plus précis que se sont fixés les chercheurs était d’établir les sources de variabilité interannuelle des cyclones tropicaux (genèse et intensité), qui révèlent le caractère de prévisibilité de ces évènements. Il est ainsi montré que la variabilité cyclonique d’une saison à l’autre dans le Pacifique Sud est certes influencée par les conditions atmosphériques de grande échelle (ENSO) mais également par des processus chaotiques. Ceux-ci résultent d’interactions à mésoéchelle faisant intervenir une gamme variée allant des interactions élastiques entre vortex jusqu’à la coalescence (effet Fujiwara ; voir figure). Cette variabilité interannuelle d’origine stochastique a ainsi pu être quantifiée comme étant du même ordre, voir plus forte que la variabilité forcée, ce qui explique que les tentatives de prévision saisonnière de l’activité cyclonique, basée sur des indices environnementaux, ont échoué dans cette région.

http://www.obs-mip.fr/index.php/omp_admin/content/edit/2276/1

Figure 2: Simulation de formation par coalescence un cyclone tropical dans la Mer de Corail (effet

Fujiwara). Les panneaux représentent un évènement de 5 jours (8, 9, 11, 12 Février de l’année

1986 du modèle). La direction du vent de surface (à 925hPa) est représentée par des lignes de

courant surimposés sur son intensité (m/s), représentée en couleurs.

Référence :

Jourdain N., P. Marchesiello, C. Menkes, J. lefevre, E. Vincent, M. Lengaigne, F. Chauvin, J.-F. Royer, 2009: Mesoscale Simulation of tropical cyclones in the South Pacific: climatology and interannual variability. Journal of Climate, in press.

Preprint online à: http://journals.ametsoc.org/doi/abs/10.1175/2010JCLI3559.1

Contact :

Patrick.Marchesiello@ird.fr

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