OMP > Actualités > Actualités scientifiques > Les tourbières, ralentisseurs d’effet de serre ?

Les tourbières, ralentisseurs d’effet de serre ?

Sous l’effet du réchauffement climatique, les tourbières accumulent de plus en plus de carbone, mais cet effet diminuera au fur et à mesure que la planète se réchauffera. Selon une équipe internationale de 70 chercheurs donc F. De Vleeschouwer et G. Le Roux (chercheurs CNRS à EcoLab), cette rétroaction négative, où le changement climatique cause des changements qui ralentissent celui-ci, accroitra au cours des prochaines décennies pour ensuite diminuer après 2100.

Les tourbières, couvrant 3% des surfaces continentales, sont des puits essentiels de carbone, Elles stockent plus de carbone que la végétation mondiale réunie, et en stockeront plus encore dans un avenir proche.  

Dans une forêt, le carbone de la végétation morte est décomposé et libéré dans l’atmosphère. Mais dans une tourbière, la saturation en eau et le manque d’oxygène ralentit ce processus et piège le carbone. La plupart des tourbières étant localisées dans des zones climatiques froides (par ex. Sibérie, Canada), une augmentation des températures de 1°C à 4°C d’ici 2100 allongera la saison de croissance des plantes et donc la quantité de plantes mortes qui s’accumulera. La décomposition de ces plante accélérera également, résultant en une libération accrue de méthane et de carbone, mais l’effet global sera un stockage supplémentaire de 5% de carbone. Cet effet sera néanmoins contrebalancé par une accumulation réduite dans les zones tropicales comme Bornéo ou l’Amazonie, ou les tourbières, sous l’effet de l’exploitation et de l’augmentation de température, libère du carbone sous forme de CO2.

La plupart des modèles climatiques ne tiennent en général pas entièrement compte des effets au sein de la biosphère (en d’autres mots les effets des organismes vivants). Cette biosphère peut soit ralentir ou accélérer le changement climatique. Les résultats de cette étude récemment publiée dans Nature Climate Change montre que les tourbières pourraient contribuer au ralentissement du changement climatique, à condition que nous protégions ces écosystèmes menacés, en particulier en région tropicale. Une meilleure préservation et la restauration des tourbières déjà drainées ou exploitées contribuera à ralentir le changement climatique et les émissions de CO2 dans l’atmosphère.

REFERENCE :

Gallego-Sala A.V.,  Charman D.J., Brewer S., Page S.E., Prentice I.C., Friedlingstein P., Moreton S., Amesbury M.J., Beilman D.W., Björck S., Blyakharchuk T., Bochicchio C., Booth R.K., Bunbury J., Camill P., Carless D., Chimner R.A., Clifford M., Cressey E., Courtney-Mustaphi C., De Vleeschouwer F., de Jong R., Fialkiewicz-Koziel B., Finkelstein S.A., Garneau M., Githumbi E., Hribjlan J., Holmquist J., Hughes P.D.M., Jones C., Jones M.C., Karofeld E., Klein E.S., Kokfelt U., Korhola A., Lacourse T., Le Roux G., Lamentowicz G., Large D., Lavoie M., Loisel J., Mackay H., MacDonald G.M., Makila M., Magnan G., Marchant R., Marcisz K., Martínez-Cortizas A., Massa C., Mathijssen P., Mauquoy D., Mighall T., Mitchell F.J.G., Moss P., Nichols J., Oksanen P.O., Orme L., Packalen M.S., Robinson S., Roland T.P., Sanderson N.K., Sannel A.B.K., Silva-Sánchez N., Steinberg N., Swindles G.T., Turner T.E., Uglow J., Väliranta M., van Bellen S., van der Linden M., van Geel B., Wang G., Yu Z., Zaragoza-Castells J. and Zhao Y. (2018). Latitudinal limits to the predicted increase of the peatland carbon sink with warming. Nature Climate Change. https://doi.org/10.1038/s41558-018-0271-1

 

COORDONNEES :

François De Vleeschouwer
EcoLab (UMR5245 CNRS-UPS-Toulouse INP)
Avenue de l’Agrobiopole, BP 32607, Auzeville tolosane
31326 Castanet-Tolosan, FRANCE
Phone: 00 33 5 34 32 39 38

Email : fdevleeschouwer@gmail.com
web:  http://www.ecolab.omp.eu/profils/DE-VLEESCHOUWER_Francois

Afficher le pied de page