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L’avenir de la viticulture dans le contexte du climat en évolution

Retour sur le 1er Café des Sciences OMP

Mercredi 29 avril,  la première rencontre entre le grand public et les scientifiques a inauguré une série des soirées dédiées aux changements climatiques. Les Cafés des Sciences ont débuté avec Pierre Courjault-Radé et son analyse de l’influence du climat sur les vignobles et la qualité du vin.

Cette dernière dépend directement des conditions météorologiques que les raisins subissent durant leur maturation. La teneur en sucre, en arômes et en acides, conférée aux baies par une combinaison particulière de l’humidité et de la température, définit les caractéristiques des vins du millésime, on parle aussi du « goût de terroir ».

En raison d'une météorologie plus chaude et sèche depuis quelques décennies les vendanges ont tendance à arriver plus précocement impactant la viticulture et ses pratiques. Dans certains vignobles, notamment ceux qui se trouvent dans des microclimats plutôt humides (par exemple Bordeaux ou Vallée de la Loire), ces variations menant à une maturation anticipée des raisins conduisent à des millésimes souvent qualifiés d’exceptionnels. Toutefois, la vigne possède un certain degré d’adaptabilité et sa tolérance à des changements trop extrêmes est limitée.

La qualité réduite des vendanges, observée dans des conditions de trop grande sécheresse et d’excès de température qui ont bloqué la maturation des baies ou ont conduit à leur desséchement (notamment lors de la canicule de 2003), pousse à réfléchir aux moyens d’adapter la viticulture aux évolutions du climat.

Plusieurs scénarios du changement climatique peuvent être évoqués, et plusieurs façons d’y adapter les pratiques culturales de la vigne sont possibles. Comme jadis quand des cépages plus résistants au phylloxéra ont été introduits, on pourrait voir l’introduction des variétés viticoles plus résistantes à la sécheresse et la chaleur dans le futur. D’autres pratiques, telles que l’exposition nord des vignobles ou le recours à l’irrigation (aujourd’hui strictement réglementée en France) pourraient être considérées. À plus long terme, si la tendance au réchauffement se confirme, les vignobles pourraient suivre la migration  des climats actuels vers le Nord et le Sud dans les deux hémisphères. Dans ce scénario-là, il ne serait alors pas impossible de cultiver la vigne aux latitudes de l’Alaska et de la Terre de Feu. Affaire à suivre donc.

D’autres Cafés des Sciences dédiés au climat sont à venir, le suivant étant prévu le 20 mai 2015, également aux Délices de Saturnin, en espérant vous voir aussi nombreux que pour cette édition viticole.

Contact : Yana Trifonova, yana.trifonovaSPAMFILTER@obs-mip.fr

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