le 06 mars 2012 de 11h00 à 12h30
Salle Coriolis Observatoire Midi-Pyrénées 14 avenue Edourad Belin 31400 Toulouse
Intervenant : Luc Beaufort
Directeur de Recheche CNRS au CEREGE Centre Européen de Recherche et d'Enseignement des Géosciences de l'Environnement ( Aix-en-Provence)
Les coccolithophores sont des algues microscopiques qui s’entourent d’un délicat squelette de calcaire. Ces algues sont abondantes à la surface des océans et produisent une grande part du calcaire marin. La calcification des coccolithophores est mise en relation avec la chimie des carbonate à partir d’une large collection d’échantillons d’eau de mer et de sédiments couvrant les derniers 40.000 ans. Des résultats d'expériences d'échantillonages ont montré qu’en général les coccolithophores calcifient moins quand les eaux sont pauvres en carbonates (et donc plus acides).
Nous avons aussi observé une exception importante dans les eaux les plus « acides » de l’océan actuel où les coccolithophores sont anormalement calcifiés. L’analyse génétique montre qu’il s’agit de souches différentes de celles observées dans d’autres secteurs océaniques. Ainsi ces coccolithophores ont réussi à s’adapter naturellement à un environnement peu favorable à leur calcification.
Cependant dans le Pacifique Ouest les analyses ont mis en évidence une forte diminution de la calcification depuis 40 ans et ceci en absence de changement de température et de salinité. Ceci montre la sensibilité de ces algues à l'acidification récente des océans. Nous montrerons que le phytoplancton calcaire pourrait subir de forts changements dans les prochaines décennies si l’acidification des océans s’accélère.
Source:L. Beaufort, et al., 2011, Sensitivity of coccolithophores to carbonate chemistry and ocean acidification, Nature, 476,1 80-84.
