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Vos cheveux: un indicateur de votre alimentation

Vos cheveux: un indicateur de votre alimentation


Des chercheurs et doctorants du GET ont animé lors de la dernière fête de la Science organisée à l’OMP samedi 15 octobre 2011, une rencontre originale entre grand public et scientifiques. Cinquante cinq volontaires ont participé en donnant une simple mèche de leurs cheveux pour une analyse rapide de leur concentration en mercure.

L’objectif scientifique de cette participation du public à la recherche a également permis de faire un état des lieux sur l'exposition au mercure, un polluant global et fortement toxique, de la communauté Toulousaine. Au grand soulagement des participants et de l'équipe du GET, toutes les analyses indiquent des teneurs en mercure largement en dessous des limites d'intoxication potentielle (10 mg de mercure par kg de cheveux) établi par l'Organisation Mondiale de la Santé et reprise en France par l'AFFSA.

  Le graphe des résultats reliant la concentration de Hg dans les cheveux au nombre de repas de poisson par mois montre une relation positive déjà bien connue: plus on mange de poisson, essentiellement des espèces sauvages, plus notre corps accumule ce métal toxique et plus on en retrouve dans nos cheveux. Cependant, cette corrélation est faible à Toulouse puisqu’elle n’explique que 33% de la variation en teneur de mercure dans nos cheveux. Ceci peut s’expliquer par la complexité de nos habitudes alimentaires (consommation de poissons d’élevage, moins ou pas contaminés, consommation de thé, riche en polyphénols qui peuvent libérer une partie du mercure stocké dans le foie, d’aliments riches en sélénium, etc.) et par le fait que nous sommes soumis à d'autres sources de mercure dans notre environnement, comme le tabac, la pollution atmosphérique urbaine ou des sources naturelles.

Jeroen Sonke et Laurence Maurice du GET, à l’origine de cette initiative, soulignent que le poisson est un aliment essentiel pour les humains et que les résultats obtenus à la fête de la Science montrent que l’exposition au mercure ne pose aucun problème dans la population toulousaine. Les Toulousains sont même encouragés à consommer plus de poisson sans risque d'approcher la limite de 10 mg/kg citée précédemment.

Ces chercheurs mènent depuis plusieurs années, des programmes de recherche sur l’impact des activités d’origine anthropique sur l’environnement et l'exposition au mercure des populations à risques en Amérique Latine, en particulier. Les Amérindiens de Bolivie, du Brésil ou encore de la Guyane française participent au même type d'analyses de mercure dans leurs cheveux. Celles-ci montrent des teneurs en mercure très souvent >10 mg/kg, même chez les jeunes enfants, en raison de leur forte consommation de poisson (2 à 3 fois par jour). Cette équipe du GET développe actuellement des nouveaux outils géochimiques pour identifier les sources du mercure en environnement naturel et anthropisé.

Contacts:

Jeroen Sonke (GET-CNRS) - 0561332606 (P.I. Programme ERC “MERCURY ISOTOPES”)
Laurence Maurice (GET-IRD) – 0561332668 (P.I. Programme ANR “RIMNES”)

Liens:

ANR MERCY - Hg stable isotopes

http://www.canal.ird.fr/sommaires/thema18.htm

http://www.get.obs-mip.fr/

Quelques références bibliographiques sur le sujet:

Laffont L., Sonke J.E., Maurice L., et al., 2011. Hg speciation and stable isotope signatures in human hair as a tracer for dietary and occupational exposure to mercury. Env Sci.& Technol. In press.

Laffont L., Sonke J.E., Maurice L., et al., 2009. Anomalous mercury isotopic compositions of fish and human hair in the Bolivian Amazon. Env Sci.& Technol. 43: 8985-8990.

Maurice-B. L., Quiroga I., Chincherros J. and Courau P., 2000. Mercury distribution in waters and fishes of the Upper Madeira rivers and mercury exposure in riparian Amazonian populations. Science of the Total Environment, 260: 73-86.

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