Campagne en mer KEOPS2 (Kerguelen): c'est parti

4 scientifiques du LEGOS (Elodie Kestenare, Ester Garcia, Pieter Van Beek et Bruno Lansard) sont depuis quelques jours à bord du navire Marion Dufresne pour participer à une campagne océanographique dans l'océan austral.

Pourquoi les océanographes vont ils se faire secouer dans les mers australes...?

La pompe biologique océanique est un processus majeur dans le contrôle du climat de la planète qui permet chaque année le transfert de 10 milliards de tonnes de carbone de la surface vers l’océan profond. Toutefois la pompe biologique de CO2 ne fonctionne pas à son maximum dans l’océan Austral. Des études antérieures, qui faisaient suite à la campagne KEOPS1 en 2005, ont clairement démontré que cet état était lié à une carence en fer qui limite la croissance du phytoplancton et donc l’assimilation de CO2.
Toutefois de nombreuses inconnues subsistent encore dans la compréhension des mécanismes mis en œuvre, qui rendent difficile la prévision de l’effet d’une fertilisation en fer de l’océan Austral sur les cycles biogéochimiques du carbone et d’autres éléments, ainsi que sur le réseau trophique. C’est à ces questions que vont s’attaquer les scientifiques du projet KEOPS2, en utilisant la même stratégie qu’en 2005, à savoir étudier le milieu marin d’une région naturellement fertilisée de l’océan Austral. En revanche, la région qu’ils vont étudier et la saison durant laquelle l’étude sera conduite seront très différentes de celles de KEOPS1. Cette deuxième campagne se déroulera en effet non plus dans les eaux situées au dessus du plateau des îles Kerguelen (70°E) en période de fin de bloom phytoplanctonique, mais dans les eaux profondes du large situées à l’est de ces îles (entre 70°E et 85°E) au moment du démarrage de l’activité biologique.
Pour atteindre ses objectifs, KEOPS2 bénéficiera notamment d’un ensemble de nouveaux outils qui n’existaient pas en 2005 : images satellites temps réel, flotteurs profileurs, nouvelles techniques d’analyse… Les résultats devraient permettre de mieux prévoir quelles pourraient être les conséquences d’une fertilisation de l’océan Austral sur l’écosystème et les flux de carbone, que cette fertilisation soit naturelle ou artificielle (géo-ingénierie).

Suivez également cette campagne en direct via le journal de bord.
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